Mille Mots et Une Photo
18.02.2007
Mille mots ce n’est pas grand chose. C’est ce que l’on pense a priori, mais devant ma page blanche l’exercice me semble compliqué, insurmontable, une folie… Pourquoi avoir imaginé ce défi ? Mille mots par jour et une photo : une idée lancée en l’air comme une résolution du premier de l’an pour se prouver que l’on est pas encore une loque sans but amorphe devant son écran. Maintenant seule face à ma décision, n’ayant finalement pas grand chose à prouver à part ménager mon amour propre, je compte et recompte – désespérée de n’avoir encore atteint sur cette page le centième mot.
J’ai toujours aimé les mots, j’ai longtemps caressé le rêve de publier un livre ou une nouvelle – devenir un écrivain. Finalement la vie m’a conduit sur d’autres voies et ce rêve est devenu lointain puis poussiéreux voire oublié. Et mon amour des mots est devenu un amour transi, platonique, je dévore les mots des autres compulsivement. Qu’est-ce qui me pousse aujourd’hui à vouloir reprendre ma plume après l’effort vain et avorté d’alimenter un blog ? Rétrospectivement l’échec de mes précédents efforts me semble résider principalement dans le manque de but précis, dans le conformisme recherché à vouloir écrire des critiques de livres, films ou disques alors qu’il y a déjà pléthore de gens le faisant fort bien, assidûment et consciencieusement. J’espère qu’en me consacrant à mes propres mots, je libérerais mon angoisse de la page blanche et de l’oeil de l’autre.
Alors ces mille mots à quoi mènent-il ? A une longue page indigeste et inutile de plus ? A une tirade plaintive, larmoyante et égocentrique ? Mon but principal est d’écrire et d’acquérir une réelle discipline, d’en faire un jalon quotidien au côté de lire, de travailler, de muser. Mais plus encore j’espère que ma prose sera lue et relue avec un certain plaisir par un public plus large que ma seule personne. C’est un désir utopique mais bien réel : avoir au moins un lecteur et si possible fidèle. Alors que faire pour attirer le chaland dans mes rets ? Choisir des thèmes porteurs, râler et dénigrer ce qui fait mon quotidien ? Je ne m’en sens pas l’énergie et la rage – et honnêtement je n’y trouve pas un grand intérêt. Je compte plutôt reprendre une expérience faite il y a quelques années : écrire ce que les anglais appellent des histoires courtes. Il me reste environ 600 mots pour esquisser la première.